Actualité – expositions

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Genèse du projet

Le Centre Pompidou s’inscrit au cœur de la politique urbanistique du deuxième Président de la République : Georges Pompidou, dont l’objectif est de transformer la ville dans une direction moderne mais aussi, de la doter d’équipements culturels accessibles à tous.

Dès 1969, ce Président, amateur d’art, exprime son désir que Paris possède un centre culturel dédié à l’art contemporain, auquel serait associée une « bibliothèque de lecture publique », envisagée déjà depuis plusieurs années. L’emplacement choisi pour cet édifice, consacré aux arts figuratifs, à la musique, au cinéma, à la lecture est le plateau Beaubourg, situé entre les rues Saint-Martin et Beaubourg, en plein centre-ville, à quelques centaines de mètres de Notre-Dame (cf. plan). Devenu terrain vague dans les années 30 suite à des destructions d’habitations (cf image 1), le plateau avait été investi par un parking sauvage (cf. image 2). Le projet de centre culturel s’inscrit donc dans une démarche globale de réhabilitation du quartier.

Plan: Localisation du plateau Beaubourg (carré noir) et de Notre Dame de Paris (point rouge)

Ce souhait de rendre la culture accessible au plus grand nombre se concrétise avec la création d’une mission d’étude, suivie de l’organisation d’un concours international d’architecture. Le cahier des charges est précis: il s’agit de créer un bâtiment qui devra répondre aux exigences de pluridisciplinarité, de libre circulation et d’ouverture des espaces d’exposition. Parmi les 681 projets étudiés par le jury international présidé par Jean Prouvé (cf. album photo 6), le projet de deux jeunes architectes : Renzo Piano et Richard Rogers, alors âgés respectivement de 34 et 38 ans, est retenu en 1971.

A partir de 1972, les travaux débutent alors que le projet définitif n’est accepté qu’en 1973 par le Président Georges Pompidou. Après cinq années de travaux (cf. images 3, 4, 5), la construction est achevée dans les délais, malgré de nombreuses difficultés. En effet, en 1974, le Président Georges Pompidou meurt et son successeur Valéry Giscard d’Estaing est tenté d’interrompre la construction, volonté qui ne se concrétise pas grâce à l’intervention de Jacques Chirac, alors Premier Ministre. En outre, les deux architectes ont dû faire face aux nombreuses polémiques et critiques suscitées par le centre. Six plaintes tentèrent de bloquer le chantier, qualifiant l’édifice de « raffinerie », de « monstre » ou encore de « paquebot ».

Malgré tout, le bâtiment est inauguré en 1977 par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing et le succès ne se fait pas attendre. Durant les premières semaines qui succèdent à son ouverture, près de 35 000 personnes par jour viennent découvrir ce lieu. Par la suite, ce sont près de sept millions de visiteurs par an que cette institution accueille, devenant ainsi le monument le plus fréquenté de Paris.

1.Vue d'une ruelle de l'îlot insalubre n°1 avant les démolitions des années 1930

2. Vue du parc de stationnement implanté sur le plateau Beaubourg dans les années 60

3.Travaux de terrassement du plateau Beaubourg à partir de mai 1972

4. Mise en place des fondations à partir de septembre 1972

5. Mise en place de l'ossature du Centre Pompidou. Vue du côté sud, rue Saint Merri

6. Projets architecturaux non retenus par le jury du concours

Biographies croisées de Renzo Piano et Richard Rogers

Le Centre Pompidou a été conçu par deux architectes : l’Italien Renzo Piano et le Britannique Richard Rogers. Jusqu’en 1971, date de leur collaboration, les deux architectes suivent un parcours différent mais, construisent en Italie et en Angleterre, dans un esprit assez voisin, des maisons, usines et bureaux.

Né à Gênes en 1937, Renzo Piano fait ses études à l’école polytechnique de Milan puis, apprend la pratique du chantier avec son père, entrepreneur à Gênes, ville où la mer et l’activité du port viennent nourrir son univers. De 1962 à 1964, il s’initie à la conception de projet avant de passer cinq ans en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, dans l’agence de Louis Kahn.

Renzo Piano

Richard Rogers, lui, est né à Florence en 1933 puis, s’installe avec sa famille à Londres. Il y obtient son diplôme de l’Architectural Association School, avant de continuer ses études à l’université de Yale aux Etats-Unis. En 1963, il fonde l’agence Team 4 avec Norman Foster, l’un des partisans d’une architecture « high-tech », à la fois fonctionnelle, élégante et transparente.

Richard Rogers

A partir de 1969, Richard Rogers se rapproche de Renzo Piano, avec lequel il partage le souci d’une architecture flexible, anti-monumentale, où le mouvement joue un rôle important. Dans un premier temps, leurs projets n’ont pas de succès mais, leur victoire au concours de 1971 pour la réalisation du centre culturel parisien les projette sur le devant de la scène internationale.

Après 1978, ils se séparent et prennent des voies opposées. Renzo Piano se place, en effet, sur un registre plus classique, même si ses réalisations sont inventives et témoignent d’une recherche expérimentale sur un usage original des matériaux. Il co-fonde avec l’ingénieur britannique Peter Rice un nouveau bureau qui perdure jusqu’en 1993. Renzo Piano dirige actuellement trois ateliers regroupés sous le nom de Renzo Piano Building Workshop à Gênes, Paris et Berlin. Outre de nombreux logements et bâtiments industriels en France et en Italie, il est aussi l’auteur de structures d’avant-garde, comme le centre commercial de Bercy, véritable « dirigeable », le terminal de l’aéroport de Kansai au Japon, caractérisé par une admirable courbe qui rappelle l’influence de la mer ou encore la cité internationale de Lyon. Il œuvre aussi à la restauration de sites historiques de grande importance pour le patrimoine mondial.

Les conceptions de Richard Rogers restent, quant à elles, plutôt dans l’esprit du Centre Pompidou. Après l’établissement de son agence Richard Rogers Partnership en 1977, il est beaucoup sollicité pour la réalisation de sièges sociaux londoniens aux allures de « bâtiments machines », comme en témoigne le Lloyd’s building. Parmi ses plus importantes réalisations, figurent la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg, le palais de justice de Bordeaux et le dôme du millénaire à Londres.

Outre sa participation à la rénovation du Centre Pompidou et de ses abords, Renzo Piano a eu l’occasion de retravailler en 1990 avec Richard Rogers pour la construction de l’IRCAM, l’Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique, situé sur le plateau Beaubourg.

Les deux architectes ont été primés pour leurs travaux et ont partagé une amitié commune, celle de Jean Prouvé, président du concours international du Centre Pompidou. Cet ingénieur et constructeur français, promoteur de l’utilisation d’éléments métalliques industriels dans l’architecture, les a beaucoup influencés et soutenus lors de la réalisation du centre culturel parisien.

Actuellement, Richard Rogers réside toujours à Londres tandis que Renzo Piano s’est installé à Paris.

Biographies croisées Renzo Piano et Richard Rogers: oeuvres citées dans l’article

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